13/03/2012

Connaître, c’est le début de la clairvoyance

Le monde est en crise. En crise alimentaire avec des prix agricoles à la hausse et 1/7ème de la population mondiale qui a faim. Et en crise de l’eau généralisée.

Pour faire le lien entre ces deux crises, le thème 2012 de la Journée Mondiale de l’Eau, le 22 Mars est « Eau et Sécurité Alimentaire » qui souligne l’importance de l’agriculture et de l’alimentation dans le débat sur l’eau, car principal utilisateur de cette eau précieuse.

Le constat alarmant des pénuries, pollutions, conflits d’usage des ressources en eau, bien public qui attire la voracité des intérêts privés est connu et clamé depuis plusieurs sessions du Forum Mondial de l’Eau, un rassemblement tous les trois ans depuis 1997 des experts de l’eau et acteurs politiques, privés, de la société civile intéressés par l’avenir de l’Or Bleu.

Mais cette année, à Marseille, les organisateurs du forum clament que c’est l’heure de l’action, c’est l’heure de trouver des solutions, des actions globales et surtout locales pour contrer cette crise de l’eau.

forum mondial de l'eau,calculateur d'impact de l'eau,icrisat,initiative pour une agriculture durable,irrigation,inde,journée mondiale de l'eauUn des enjeux importants dans les années à venir c’est d’avoir une agriculture qui produise autant voire plus, avec moins d’eau, comme je le disais dans mon post « Eau verte ».

Plus de nourriture par goutte d’eau.

Mais comment faire notamment pour l’agriculture du Sud?

Il y a les technologies appropriées, les pratiques agricoles.

On peut par exemple développer et mettre à disposition des petits paysans des technologies d’irrigation de petite échelle et abordables pour une utilisation plus efficace de l’eau, par exemple le goutte-à-goutte [voir mon post légumes et Bollywood].

Mais c’est  aussi en informant et formant ces paysans à mieux connaitre les besoins en eau de leurs cultures qu’ils pourront faire des économies.


Un outil d'impact sur la consommation en eau pour une agriculture plus économe en eau.

Un partenariat public-privé innovant soutient l’échange des bonnes pratiques d’une utilisation durable de l’eau au niveau des fermes en Inde. Un consortium d’entreprises agro-alimentaires connues (Danone, Unilever, Nestlé, CocaCola…) a formé la Plateforme “Initiative pour une Agriculture Durable (IAD) pour encourager les bonnes pratiques agricoles et notamment une utilisation efficace de l’eau, ce qui a un impact sur la qualité et la quantité des ressources en eau à l’échelle d’un bassin versant.

Un projet pilote mené en Inde, dans les Etats du Gujarat, Rajasthan et Andhra Pradesh  par le Groupe de Travail “Eau et Agriculture” de l’IAD et mis en œuvre par l’Institut International de Recherche sur les Cultures des Tropiques Semi-Arides (ICRISAT), cherche les moyens d’une adoption à grande échelle d’une utilisation économe de l’eau par les paysans.

Les paysans dans les pays en voie de développement adaptent généralement des recommandations basiques d’arrosage selon les calendriers de culture, sans prendre en compte les particularités du sol, du climat local et des variations de température, des besoins spécifiques de chaque culture…

Ils ont aussi tendance à arroser plus qu’il ne faut, préférant voir un sol très humide (en fait propice aux maladies) pensant que plus la plante a de l’eau, mieux elle se porte. En fait, trop d’eau nuit à la plante, aide à la propagation des maladies.

Le projet développe un Calculateur Simple d’Impact sur l’Eau pour les paysans qui compile les informations importantes (cartographie du sol et du climat, besoin des plantes en eau selon le stade de croissance,…) et permet d’estimer l’impact de leurs pratiques actuelles sur la conservation de l’eau, et d’explorer les moyens pour aller vers une conservation plus efficace de l’eau.

Le paysan n’a besoin de donner que quelques informations simples (date de semis et type de culture, localisation du village/district, description du sol) et le calculateur l’aide à décider quand et combien d’eau il doit appliquer dans ses parcelles.

Cet outil est particulièrement adapté pour les paysans marginaux des tropiques semi-arides. Mais il pourrait être un outil également utile en Europe, puisque l’agriculture est le principal utilisateur d’eau.

Une économie importante

Une première phase d’expérimentation chez plusieurs paysans dans plusieurs sites a permis de constater une diminution de 30 à 40% de l’utilisation de l’eau quel que soit la technique d’irrigation utilisée (irrigation par inondation, sillon ou goutte-à-goutte). Et sans compromettre les rendements agricoles. Les paysans ont aussi constaté une diminution des besoins en traitements phytosanitaires et fertilisation. Ce qui s’explique par le moindre ruissellement.

Au final, c’est un changement de comportement des paysans qui a lieu, car ils apprennent qu’il vaut mieux que la plante « souffre un petit peu » plutôt qu’avoir les pieds dans l’eau. Avec le bénéfice de préserver les ressources en eau pour mieux affronter les périodes sèches.

Un conseil que nous mêmes, jardiniers du dimanche devrions appliquer.

 

Le Calculateur d'impact est un des cas d'étude qui va être présenté lors de la session "Une petite pluie peut nourrir plus de monde" le 15 mars au Forum de l'Eau à Marseille, cible 1 de la thématique Eau et sécurité alimentaire.

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